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"Mais le jardin est aussi le lieu de rencontre avec les questions de son
époque. Comme c'est un morceau de monde mis à part, il sert de loupe
grossissante. On peut y observer à échelle réduite ce qui
se passe sur toute le planète. Pourquoi l'eau meurt-elle dans les bassins,
pourquoi la tempête fait-elle tomber les arbres à ce point ? Parce
que la pollution gagne, parce qu'on n'entretient pas vraiment. Savez-vous qu'il
n'y a que trois personnes en France qui sont spécialistes du système
racinaire ? Tout le monde se focalise sur la cellule, trop peu de chercheurs étudient
le fonctionnement du vivant."
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"Il n'y a pas en France d'enseignement du regard : les gens subissent la
laideur en croyant que c'est une fatalité. Par exemple, on fait comme
s'il était tout à fait normal de transformer l'homme en animal souterrain.
Je ne pense pas au métro, qui est très utile, mais à la multiplication
des architectures enterrées. Il y a peu de réflexion sur le fait
que quantité d'espaces sont potentiellement dangereux parce qu'ils suggèrent
la poubelle, l'abandon. On dit : les
jeunes cassent parce qu'ils sont au chômage, etc. Mais c'est sous-estimer
la violence exercée par certains lieux. Les parkings souterrains, en particulier,
détruisent la ville, parce qu'ils induisent en surface des faux sols, et
cette fausseté nous dérange, que nous en soyons conscients ou pas.
Un jardin sur dalle, ça ne va pas, quels que soient les efforts des concepteurs,
parce qu'un jardin suppose un contact physique avec le sol." [...] |